A bicyclette

Posted 25 nov 2011 — by Alexandre Silenus
Category Ouais, mec

Je sais pas vous, mais moi, la bicyclette, ça me fait bander.

Enfin, les filles à bicyclette. Pas la bécane, hein, le truc avec du métal ou de la fibre de carbone.
Et je bénis le Vélib. Depuis qu’il est arrivé, y’a vachement plus de nanas, jeunes. Avant, le biclou, c’était un truc de vieux ou de sportifs. Maintenant, c’est juste un moyen de transport urbain. C’est pratique. Plus de métro, pas de bus, pas envie de payer le taxi ? Prend un vélo.

En fait si j’aime le vélo, c’est parce que je ne le vois pas. Je ne le vois plus. Il ne reste qu’une silhouette. Des jambes qui s’agitent dans une position qui galbe le mollet. Une jolie bottine qui fait des pointes sur une pédale. Une jambe qui prend appui au sol et qui fait une jolie cambrure. Une paire de gambettes qui se lèvent en danseuse pour donner un coup d’accélérateur, tête en avant et fesses légèrement en arrière.

Pédaler, ça impose aussi de faire court, côté bas. Alors on oublie la robe paysanne, ou le jogging trop large. Dans les rues, c’est plutôt jupe courte, short, slim ou pantalon serré. Même si le haut continue de tout dissimuler. Un festival pour les yeux. Et puis ça laisse la cycliste à hauteur humaine. C’est pas comme si elle était haut perchée. Ou comme si elle était tassée dans un siège de bagnole. Derrière une vitre. Là, si tu veux lui parler, tu peux.

En plein hiver, c’est marrant de voir en plus les bonnets, les écharpes, les joues rouges de froid, le gros pull ou le manteau. Et ces jambes qui s’offrent aux regards des passants. Anachronique. Y’a un truc un peu nostalgique. Un petit air de douce France. Une petite musique qui sent bon Paname. Un truc qui sent le café en terrasse même quand ça caille. Bobo ? Peut-être. Mais je t’emmerde, toi et ton 4×4 avec pare-buffle extérieur (alors que le bovidé se trouve au volant) en pleine ville.

Il parait qu’il y a des mecs qui font exprès d’attendre les jolies cyclistes à grosse poitrine dans les rues pleines de pavés. Le tremblement des nichons leur procure un plaisir visuel impressionnant. J’en ai vu qui écarquillaient les yeux, un truc maousse. Avec la bave aux lèvres en plus. C’est pas mon truc.

Moi, je vois défiler ces jolies silhouettes dans des positions suggestives. Enfin, suggestives malgré elles. Un truc innocent. Un truc qui file le sourire. Un truc léger.

Un truc qu’on retrouve pas dans la trottinette.

L’effet papillon

Posted 23 nov 2011 — by Alexandre Silenus
Category Tranche de vit

Nous avons rendez-vous. Ce soir. Un soir où il pèle sévère. Un soir où les corps vont se tenir chaud.

La situation est super bizarre. Tu connais un tas de trucs sur moi, tu as pu te rencarder. Et moi j’en sais si peu. Si peu. Pourtant, aujourd’hui, c’est toi qui es anxieuse. Bien flippée, même.

J’entends la porte s’ouvrir. Le parquet de cette vieille bâtisse grince. Tes petits pas, le froufrou de ton manteau, un sac qui se pose à terre. Une enveloppe glisse sous la porte derrière laquelle je t’attends. Je sais ce qu’il y a dedans. Mais je veux voir. C’est ton œuvre. Je souris… et les secondes deviennent des minutes. Je t’attends dans la pénombre. Moi aussi j’angoisse.

Je t’entends t’affairer dans la pièce d’à côté. Tu entends les palpitations de mon cœur, j’en suis sûr. Le salopard est parti au triple galop. Pas moyen de le calmer. Dans la pénombre, je tends mes mains. Elles tremblent. J’ai la gorge nouée, j’arrive pas à avaler ma salive. Et puis j’entends tes pas, devant la porte. Tu tournes la poignée ronde dans un sens, ça n’ouvre pas. Je tourne dans l’autre. Sésame, ouvre-toi…

A contre-jour, tu apparais. C’est vraiment une apparition. Cette lumière faible derrière toi fait comme un halo. Une auréole. Tu es là, hésitante, dans une posture curieuse. Cambrée sur tes fiers escarpins pour pieds menus. Un pied légèrement devant l’autre. Le corps de biais. La main droite encore tendue en avant, dans une position figée, l’autre légèrement en arrière. Comme un bretteur en garde. En garde !

Ta chevelure brune bouclée cache le bandeau du loup que tu portes. Un loup sans trous pour les yeux. Tu ne me vois pas. Ta respiration haletante fait se soulever ta petite poitrine. Tu as la bouche légèrement entrouverte. Comme pour murmurer. Ou pour crier. Entre tes lèvres fines et dessinées, on voit tes petites quenottes blanches et ta langue prête à supplier pour que l’insupportable attente cesse enfin.

Tu portes une nuisette noire transparente mouchetée, des bas mouchetés, et je vois ta peau ambrée constellée elle aussi de grains de beautés. Comme une coccinelle qui ne connaîtrait pas la symétrie. Comme si tu avais couru à travers un lancer de confettis d’Halloween. Comme si tu étais restée trop près d’un pistolet à peinture. Comme un point à point à relier. Je sais pas ce que ça ferait, comme figure. De toute façon y’a pas les numéros.

Du bout des doigts je touche cette main encore tendue. Ton bras se hérisse et je vois en contrejour que tu as la chair de poule. Une vibration impressionnante part du bras et gagne tout ton corps, qui tremble. Une éruption se produit, un mouvement tectonique se répand jusqu’à tes mollets. Tu as la main moite. Je m’approche à quelques centimètres. Ta peau sent incroyablement bon. Elle a une légère moiteur qui marque ton angoisse. J’effleure ton épaule, ta nuque, ton bras. T’es totalement électrifiée par le geste.

Je me colle à toi et tu suis le geste presque au même moment. Déposant un baiser dans ton cou, je goûte ta peau légèrement salée. Fébrile, tu entames le déballage de ma chemise pendant que je parcours tes dessous de mes mains.

En glissant ma main entre tes cuisses, je trouve une chair brûlante. Tiens, tu as oublié de mettre une culotte…

Après quelques minutes à se découvrir, du bout des doigts, puis plus franchement, à nous déshabiller, nous voici nus et je te bascule sur le lit. Tu es étendue, prête pour l’étreinte. Ta beauté époustouflante me frappe d’un coup, et je reconnais enfin cette ressemblance dans tes traits, ta grâce et ton expression. Je cherchais à retrouver qui. Inès de la Fressange, en plus petite.

Je me penche doucement vers toi. Lentement, j’attache tes menus poignets aux pieds du lit avec de longues lanières que j’enroule. Je caresse tes cheveux sans retirer ce masque et entre inéluctablement en toi comme un bateau rentre au port. La puissance érotique du moment a provoqué à nouveau ce tremblement. Timidement, tu m’enlaces lors des premiers va-et-vient, puis progressivement tu m’attires en toi, t’agrippe. Tes jambes douces et souples deviennent les tentacules d’une pieuvre insatiable qui se soulèvent, se replient, m’enserrent le dos. Rapidement monte de ton ventre un cri sourd que tu étouffes difficilement. Et puis… un bruissement rapide et soyeux se produit, comme un frottement de tissus. Ou plutôt, comme le bruit des ailes d’un papillon qui s’envole.

Tes jambes se crispent et je vois tes orteils qui dansent une curieuse gigue frénétique. Ta chatte se resserre sur moi. Tu jouis sans retenue. Tes orteils en témoignent.

Et tu en redemandes, gardant les yeux fermés lorsque je retire le masque. Et tu en redemandes, quand tu me repousses sur le côté pour me grimper dessus. Et tu en redemandes quand tu me présentes à quatre pattes ce cul superbement dessiné sur lequel on voit encore la trace blanche laissée par le maillot de l’été. Nos corps se sont adoptés dès la première minute et se sont parlés comme ça pendant plusieurs heures. Au présent. A l’imparfait. Au conditionnel. A l’impératif. Comme si une nuée de papillons de nuit avait envahi la pièce. Tu as étouffé à chaque fois tes gémissements dans mon épaule, dans les coussins. Je me suis laissé aller en toi, profondément, pendant que tu m’enserrais les fesses de tes petites mains puissantes. Comme pour me retenir. Je sentais les palpitations saccadées de ton vagin.

Le temps s’est suspendu. Je t’ai détachée. Nos cœurs et nos souffles se sont lentement apaisés. Mais le moindre mouvement de ma part provoquait des soubresauts en toi et des petits cris. Tu es comme tétanisée du minou. Ça a été très sportif. On a regardé un peu le bordel ambiant. Le lit a reculé d’un bon demi mètre sous nos assauts.

On a rallumé la lumière. On a discuté un peu. On s’est marrés. Vraiment. Tu irradiais le bien-être. Tes yeux coquins luisaient de plaisir. Comme on avait la dalle, on a installé le pique-nique sur ce vieux bureau Empire patiné. On a cassé la croûte avec du bon vin et mis des miettes partout. Et puis, pendant que je te lisais un texte érotique, tu t’es penchée sur moi en descendant. Suçotant un téton. Léchant mon ventre. Jouant de ta bouche et de ta langue sur mon sexe dressé pour souligner la ponctuation, m’engloutissant pour les paragraphes. De ta crinière bouclée s’échappent deux yeux malicieux qui me fixent. De temps en temps tu me relances une question ou m’invite à continuer en quelques mots simples et efficaces alors que je tente désespérément de garder un ton à peu près égal pendant la lecture…

Froissés, on s’est rhabillés plus chaud pour enflammer et inhaler un peu de produits cancérigènes à la fenêtre, un verre de pinard à la main. Tu t’es blottie contre moi. On était vraiment bien. Dehors, les quelques passants ne pouvaient pas deviner la poésie de cet instant. Les vieilles pierres. La verdure qui pend. Le silence de la nuit. Ce vent glacial. Ouais, ça caille, on rentre !

J’ai fait couler un bain pour nous réchauffer un peu, mais fallait s’y attendre… on a recommencé à baiser. Ta façon de te cambrer, tes minauderies totalement surjoués et tes œillades coquines ont réveillé mon désir. Ton corps ruisselant m’appelait. Cette fois, c’était plus primal, plus direct. Je t’ai prise contre le mur en soulevant une jambe souple et galbée. Puis tu t’es accroupie pour m’engloutir dans ta bouche sous le jet d’eau tiède. Quand je me suis penché pour te relever, tu m’a fait m’asseoir pour me chevaucher. C’était lent, puissant. L’eau du bain a un peu débordé. Qu’importe. Mais il nous en fallait plus. Plus de sensations encore. Plus de contact direct de peau. Même pas secs, je t’ai repoussé jusqu’à la chambre encore en bazar.

On est allés se coucher. Enfin, on est allés au lit. Le sommeil ne venant pas, j’ai recommencé à te toucher, te caresser. Ta peau a réagi au quart de tour. Les galipettes ont recommencées. Une soif insatiable de corps, de frissons, d’orgasmes nous a réveillés encore une fois plus tard, en pleine nuit. Nuit électrique. Nuit orageuse. Et le matin, c’est moi qui t’ai réveillé encore…

Après un solide petit-déjeuner et un café bien mérité, on est allé boire un verre sur une terrasse ensoleillée. Fourbus, épuisés, cernés, on a papoté. On a causé de choses et d’autres en toute simplicité. Le temps que les bières arrivent, un papillon s’était posé sur la table.

Le remplaçant

Posted 25 oct 2011 — by Alexandre Silenus
Category Tranche de vit

Ça fait des heures qu’on baise. Vraiment des heures. Dans toutes les positions. De toutes les façons. C’est intense, jamais répétitif, jouissif.

Mais là, difficile de jouer les prolongations.

J’ai beau avoir très envie, tu as beau m’exciter comme une puce, je sens bien que la tuyauterie ne suit pas. Tu as encore le minou humide, pas trop irrité. Il a peut-être encore faim. Nos yeux disent oui, les corps voudraient bien. Les esprits, eux sont catégoriques : oui ! Mais mon corps a commencé à effectuer un repli stratégique dans la surface de réparation. Demain, les courbatures se rappelleront à nous. Le doc aura du mal à nous remettre en forme. Et là, maintenant, j’ai plus de tonus. J’arrête les blagues, pas la peine de tirer sur la corde. Carton rouge, je quitte la pelouse. Pour les prolongations, on finira le match à 10.

Je pourrai bien te faire plaisir avec les doigts, ma langue, mais je me suis dit que tu aimerais bien qu’un camarade à piles entre dans l’arène.

Ça tombe bien, j’en ai un à te proposer. Tout neuf, tout frais. C’est la première fois que tu en as un dans les mains. Tu l’inspectes. Celui-là est marrant. Il est assez réaliste, très doux au toucher. Il peut vibrer assez fort, il est réglable. En dévorant ton entrejambe, je glisse lentement un doigt en-dessous pour aller jouer au Seigneur des anneaux. L’autre main a décidé d’escalader ton ventre et de poursuivre son expédition sur le Mont Téton, qui ne cesse se grimper lui aussi. L’érosion du désir n’a pas encore fait son œuvre.

Quand je présente le gland de matière molle à ton vagin déjà ruisselant, l’accueil est chaleureux. Entrée en douceur. Léger va et vient. Petite rotation. Ma bouche et mes mains continuent à t’explorer. Du moins à revenir sur leurs pas.

Tu écartes les cuisses en grand, étends les bras en arrière et ferme les yeux en te léchant les lèvres de gourmandise.

Sollicitée sur plusieurs zones érogènes en même temps, tu es prise d’un tremblement d’une force incroyable, ton ventre palpite, tes mains agrippent les draps. Je tourne la molette et l’appareil vibre en toi. D’un coup, le tressautement de tes membres devient plus fort encore, il se répand depuis le tréfonds de tes entrailles et gagne les cuisses, les mollets, le torse, les bras. Un cri rauque monte de ta gorge, tu serres les cuisse et enserre ma main et ma tête. On touche au but.

Le spasme se prolonge tandis que je continue pour que l’apothéose soit complète.

Tu n’as pas l’air de regretter, mais je dois tout arrêter pour te laisser respirer. Les yeux dans le vide, le souffle court, tu as l’air d’avoir des fourmis dans les membres. La petite mort ressemble à une agonie quand elle est si forte. Un sourire se dessine sur tes lèvres. L’intensité de l’instant se lit sur ton visage. Celui-là a peut-être gagné sa prochaine sélection dans l’équipe. En tout cas, ça se réfléchit.

Il y a des remplaçants qui peuvent faire basculer le match à eux tous seuls.

Et sinon ?

Posted 11 oct 2011 — by Alexandre Silenus
Category Les coulisses de l'exploit

Quitte à bosser son personnal branling, et pour la gloire, mon blog participe aux Golden Blog Awards, comme on peut le voir dans la marge à droite. Si t’aimes, envoie du bonheur et vote ! J’ai aucune chance de gagner parce que y’a des mastodontes en face mais bon, l’an dernier j’ai pas pu participer parce que le blog était trop jeune. Alors cette année, je tente. C’est vrai, quoi, y’a pas que Liliane Bettencourt qui a le droit d’avoir sa bite en or.

Tu cliques, tu votes, et tu partages. Tu peux même revenir le lendemain et recommencer. Elle est pas belle, la vie numérique ?

Tant que j’y suis, une petite question. Je me demandais, suite à un commentaire de Malia et à quelques autres suggestions, si ça t’intéresserait que je fasse une compil’ de textes dans un zouli fichier bien mis en page, à télécharger, genre en PDF. Peut-être avec des illustrations. Peut-être avec des pictos pour rappeler les rubriques. On pourrait l’appeler la Compil’ poils. Ou juste Queue du bonheur. Ou Baise tof. Mais ça veut rien dire, tof, surtout si y’a pas de photos.

J’ai bien déjà fait un petit onglet “Queue le meilleur” mais je pensais à un truc qu’on peut imprimer pour lire dans le train, ou dans un coin au calme. Un format qu’on peut lire sur une tablette. D’une main distraite. Idée à la con ?

La chasseuse de sperme

Posted 04 oct 2011 — by Alexandre Silenus
Category Science friction, Sex.net

Abdel se dépêchait pour rejoindre l’astroport. Il avait ferré depuis quelques jours par comlink une partenaire. En prétextant des travaux d’archéologie sur la Vieille Terre, il avait fini par tomber sur une autre chercheuse. La planète originelle des humains avait été abandonnée définitivement trois siècles auparavant, suite à une épidémie dont personne n’avait pu venir à bout. L’origine du virus restait inconnue, acte malveillant du dictateur paranoïaque Kim Sang Woo, réveil d’une souche ultraviolente et particulièrement transmissible d’Ebola ou fuite accidentelle d’un laboratoire secret russe, toutes les hypothèses avaient circulé. Les humains étaient morts en masse, mais aucune autre espèce ne semblait avoir souffert du virus, pas même les grands primates.

Personne n’avait pu assainir la planète et envisager un retour massif, la forte densité du virus dans l’atmosphère empêchant tous travaux d’envergure. De toute façon, l’humanité avait déjà largement colonisé le système solaire et commençait à préparer la colonisation d’Andromède et sa Nouvelle Terre. On avait pleuré et regretté les morts, mais l’artefact restait entier. Il était simplement à l’abandon, comme une vieille cabane qui tombe en ruine. Un musée à ciel ouvert, dans lequel on ne se promenait pas sans précautions.

Les expéditions scientifiques restaient autorisées sur la Vieille Terre, mais strictement encadrées sur un plan sanitaire. Le port du scaphandre était obligatoire en extérieur. La mission devait être validée par les autorités des deux sexes.

Aussi, revenir sur Terre, au calme, pour effectuer une mission dans un des bunkers étanches et sécurisés, c’était une solution discrète pour rencontrer la charmante Ielena Danchova, historienne de son état, qui semblait très attirée par le Professeur Abdel Cherkaoui de l’université des sciences sociales d’Arès, capitale de Mars. Ils avaient pu échanger par comlink, grâce à de subtiles allusions lors du montage de leur dossier de demande de recherche et surtout pendant la soutenance devant le jury. Abdel était tombé sous le charme de la jolie blonde et plus encore par la malice qui s’en dégageait.

Le secret de ce type de rencontres était indispensable s’il ne voulait pas finir dans une sombre geôle sur Mercure, à l’isolement total. Elle finirait sans doute sur Pluton dans les manufactures carcérales du Matriarcat de Vénus.

Car depuis la Grande Catastrophe, les genres avaient été séparés. A chacun ses planètes. Il y avait assez de place pour ça. Le Moral Federated Associations of the Galaxy avait, depuis quelques années déjà, prohibé les rapports sexuels entre humains, considérant la chose comme dégradante, psychologiquement dangereuse car génératrice d’instabilité mentale. Surtout, l’instance représentative installée sur la Lune y voyait un risque sanitaire trop important de transmission de germes et autres virus.

Aujourd’hui, les robots destinés au plaisir sexuel étaient largement suffisants et même bien plus performants, tout en éliminant les problèmes liés au contact entre deux corps. Grâce à leur texture en nouveaux polymères, ils étaient capables de provoquer des sensations extrêmement variées, imitant à la perfection la peau, les poils et même les sécrétions humaines. Leur mise au point technique avait nécessité de lourds investissements afin de connecter efficacement les capteurs sensoriels, l’analyse mémorielle, l’intelligence artificielle et les servomoteurs. Mais désormais, ils pouvaient à volonté procurer des orgasmes d’une qualité incomparable avec les faibles capacités humaines, et ce sans jamais se lasser.

Mieux encore, les robots sexuels pouvaient prendre des formes d’une variété infinie, depuis des imitations d’humains de tous types (genre, couleurs, pilosité, taille, morphologie, détails intimes, tatouages) jusqu’à des choses bien plus exotiques : peau phosphorescente, membres supplémentaires, organes sexuels multiples, chimères mi-hommes-mi animaux, types extraterrestres farfelus. Tous les goûts pouvaient être satisfaits à moindre frais.

Aussi, le bannissement des rapports sexuels entre humains avait-il été globalement accepté sans créer de manque. Sauf chez certains résistants, nostalgiques. Qualifiés de déviants par le Moral FAG, ils devaient opérer leurs galipettes dans l’ombre. Ce genre de rencontres était rendu nettement plus compliqué depuis que l’organisme avait séparé les genres. Les hommes s’étaient massivement reportés sur les planètes proches du Soleil, les femmes sur les planètes plus éloignées. Les transgenres n’ayant pas procédé physiquement au changement de sexe par modification d’ADN vivaient cachés, dans la crainte permanente d’être découverts et de se voir forcés d’effectuer un choix qui leur paraissait absurde.

Après avoir inspecté les bagages et le matériel une dernière fois dans la soute, Abdel grimpa dans la capsule et attendit patiemment que la fusée décolle en direction de la Vieille Terre. Il passa le trajet à relire ses notes sur sa feuille électronique. Tout ce qu’il avait déjà préparé lui permettrait de justifier sa mission lors de son retour à l’université. Il avait projeté de faire un état des lieux de l’urbanisme parisien d’avant la Grande Catastrophe. Ielena avait présenté une requête quasiment identique, mais quelques semaines plus tard. C’est pour des raisons logistiques d’envoi de matériel que les deux missions avaient été jumelées. La raison économique constitue toujours un excellent prétexte, quelle que soit l’époque…

L’atterrissage sur le Champs de Mars (quelle ironie !) se déroula sans aucun problème. Un cargo automatique contenant du matériel et des vivres trônait au milieu du jardin un peu touffu. Plus loin, une élégante navette étaient déjà posés. Adbel, tout intimidé et tout excité, revêtit son scaphandre avant de passer le sas vers la sortie. Il avançait prudemment. Le bunker étanche si situait dans les sous-sols de l’Ecole Militaire. On entendait quelques animaux ici et là, dans les hautes herbes sauvages. Des oiseaux s’égayaient à son passage. Trainant son charriot antigrav, il pénétra le complexe et prit l’ascenseur.

Devant la porte blindée, il entra le code avec quelques frissons. Le premier sas de décontamination lui fit l’effet d’une étuve. Il put ensuite se déshabiller dans le second, sous les jets d’eau tiède, avant d’ouvrir la porte du bunker.

Nu, ruisselant, il se retrouva face à la ravissante historienne qui l’attendait assise dans une pénombre de circonstance. Le sourire aux lèvres, elle l’inspectait derrière de grandes lunettes, négligemment assise dans une combinaison moulante. Rougissant, il avait du mal à contenir son érection naissante dans ses mains qui jouaient le rôle de feuilles de vigne. Féline, elle quitta le fauteuil en vieux cuir qui crissa de désapprobation. Elle s’approcha de lui jusqu’à n’être qu’à quelques centimètres. Il sentait sa barbe effleurer ses joues. Il sentait l’odeur de sa peau. Il sentait la chaleur qui rayonnait de son corps à travers sa combinaison en polymères.

- Enfin, murmura-t-elle dans un souffle.

- Oui, répondit-il d’une voix étouffée.

Elle entreprit de détailler son corps du bout des doigts, en fermant les yeux et en rejetant la nuque en arrière, comme pour se forcer à être aveugle. Elle effleura ses paupières, sa nuque, sa barbe, son nez, ses lèvres, puis empoigna son torse, ses épaules, ses hanches, ses fesses. Elle se pressa contre lui pour lui caresser le dos.

Immobile, il avait la chair de poule et sentait une chaleur insoutenable monter de ses entrailles. Il ne put résister à l’envie de l’embrasser dans le cou et de lui saisir les hanches pour l’approcher plus encore. Il sentit une vague érotique partir de son hypothalamus, descendre le long de sa colonne vertébrale, exploser dans son pénis désormais fièrement dressé, et lui faire trembler des mollets. Le désir, si longtemps inassouvi, si longtemps contenu, si récemment libéré par petites touches lors de conversations électroniques, l’envahissait avec une force tranquille.

Abdel farfouilla dans son dos jusqu’à trouver la fermeture de la combinaison de la blonde aux formes galbées. Descendant lentement des deux mains dans son dos, il lui laissa une trainée de sa langue de haut en bas jusqu’à atteindre son pubis. Empoignant ses fesses pour les dégager du polymère, il l’obligea à écarter les cuisses pour révéler son clitoris entouré d’un gazon coupé court. Elle poussa un cri et se laissa retomber dans le fauteuil, cuisses écartées.

Abdel était aux anges, dévorant sa chatte comme un affamé se jetterait sur une écuelle appétissante et chaude. Elle avait la peau sèche, lui était encore mouillé, mais le contact provoquait chez l’un comme chez l’autre comme des arcs électriques de plaisir. Il remonta jusqu’à son sein gauche pour l’empoigner doucement et le suçotter, pendant qu’il flattait le large téton de son sein droit.

La queue en feu, il ne résista pas plus longtemps à l’envie qui le dévorait et la pénétra dans la foulée. Ielena l’attira en lui, profondément. Lentement, il commençait le va-et-vient tandis qu’elle gémissait en lui labourant le dos, les yeux mi-clos. Puis elle le repoussa en arrière, le fit basculer sur le dos et se mit à le chevaucher en couinant des « da, da ! » de plus en plus sonores.

Agrippé à ses fesses, Abdel accompagnait le mouvement. Ielena se pencha vers lui pour l’embrasser en lui agrippant les cheveux. Noyé sous sa crinière, il sentait un tremblement monter en lui. Elle se releva, se retourna, se mit à quatre pattes pour lui présenter sa croupe, l’anus offert. Il le goûta avec avidité, testa sa réceptivité en y introduisant un doigt, puis deux, avant de pénétrer son intimité la plus serrée.

Ils forniquèrent pendant près d’une heure dans toutes les positions, par terre, sur la table basse, sur la console de commandes, sur le fauteuil. Ielena jouissait par vagues de deux ou trois orgasmes avant de reprendre la chevauchée fantastique sous une autre forme. Allongé sur le dos, ne tenant plus, Abdel sentit qu’il allait atteindre le paroxysme du plaisir. Ielena avait dû le pressentir car elle se retira pour enfourner son sexe dans sa bouche. Il éjacula dans un râle et des soubresauts qui dévastèrent ce qui lui restait d’énergie.

Le fixant dans les yeux en souriant, Ielena avala sa semence avant de se coucher contre lui, lovée sur son flac gauche. Ses doigts dessinaient des arabesques sensuelles au milieu des poils de la poitrine du professeur de sociologie. Lui n’avait plus que la force de poser sa main sur sa tête.

- C’était si bon…

- Ah, Ielena, Ielena, tu m’as tué… Une semaine comme ça et tu vas m’achever !

Immobile, sentant la dopamine envahir ses veines et son sexe collant se rétracter lentement, il savourait le souvenir tout frais d’une partie de jambes en l’air avec une vraie personne. Il ne tarda pas à se laisser sombrer vers les limbes de Morphée, accompagné par la présence douce et rassurante de son homologue du beau sexe.

En dehors de quelques bips, le bunker était silencieux. Abdel ronflait du sommeil des bienheureux. La chercheuse encore nue se leva et sortit de la pièce. Elle prit une seringue hypodermique dans son sac à dos resté dans le salon, qu’elle approcha du cou veiné du sociologue. Abdel convulsa brièvement avant de s’effondrer.

Ielena le souleva pour le placer dans un caisson de protection. Elle enfila ensuite son scaphandre et sortit pour se rendre dans la capsule du professeur en poussant le caisson antigrav. Une fois le caisson installé dans la soute, elle programma le navigateur de bord. Lentement, la capsule s’éleva quelques minutes plus tard alors qu’elle rejoignait sa navette fuselée. Ielena démarra l’ordinateur de bord et brancha un petit boîtier comsat. Elle retira ses larges lunettes et les déposa contre une tablette magnétique. Le temps que la connexion s’établisse, elle prit une douche sonique et lança ensuite le programme de décontamination corporel complet, laissant les tubes pénétrer l’ensemble de ses orifices pour que les nanorobots accomplissent leur œuvre en récupérant les prélèvements biologiques.

Un visage grave de sexagénaire moustachu apparut sur l’écran de contrôle.

- Colonel Santos ? Mission accomplie. Je vous ai envoyé les preuves par hyperlink. Le suspect s’est rendu coupable de fornication bestiale. Il est en route pour Arès, vous pourrez procéder à son arrestation dès son atterrissage. Terminé.

Ielena coupa la coûteuse communication. Elle fit alors pivoter son auriculaire, l’ouvrit au niveau de la première phalange, tira le câble connecteur qu’elle brancha sur l’ordinateur de bord. Ses yeux devinrent luminescents et clignotants. L’androïde traqueur téléchargeait sa prochaine mission.

Dans cette nouvelle (un peu dans la même veine que celle-ci), on reconnaîtra du Bienvenue à Gattaca, de l’Armée des 12 singes et du Blade Runner, bien évidemment. Il y a aussi quelques autres références glissées ça et là, comme une pénétration matinale pernicieuse.

AmalgaMate 2, par MichaelO.

The office

Posted 23 sept 2011 — by Alexandre Silenus
Category Ouais, mec, Tranche de vit

Il est assez tard, mais je bosse encore. Je suis presque le dernier des Mohicans, il n’y a quasiment plus personne dans le bâtiment sauf une collègue à quelques bureaux de là. Elle m’a dit qu’elle passerait me prendre à la sortie du bureau. C’est loin mais ça nous évite de faire un grand détour pour aller dîner chez son amie après. Je lui ai envoyé l’adresse par SMS. On est en hiver, la nuit est déjà tombée sur la ville et les lampadaires balancent leur lueur glauque sur le bitume et sur les murs. C’est nettement plus calme, on entend moins de voitures, moins de pas.

Ma collègue commence à rassembler ses affaires, et me dit de ne pas dormir là. Je la rassure, j’en ai pas pour très longtemps, et je fermerai en partant sans oublier de tout éteindre et de mettre l’alarme, pas de souci. Le silence se fait. Je me recule sur ce dossier de chaise qui a dû connaître l’époque Pompidou. Je suis content de la voir. Ca fait déjà un moment qu’on se voit et à chaque fois c’est un festival. Des rires, des discussions, et une explosion des sens. On a du mal à se résister, physiquement.

Quelqu’un sonne à l’accueil en-dessous.

- J’arrive !

Machinalement, je me recoiffe et me resappe un peu avant d’ouvrir. Ouais, il est tard, mais on n’est pas des clodaus non plus. Elle m’apparaît dans un souffle froid, avec son grand manteau prune et son écharpe en laine, un bonnet négligemment posé sur sa crinière brune. Ses yeux pétillent d’une malice incroyable, comme toujours.

Elle se jette littéralement dans mes bras pour m’embrasser, balance son sac et son manteau sur le comptoir de l’accueil.

Ouahou, pour une fois elle a sorti le grand jeu : robe, grosse ceinture asymétrique, jolis bas avec des motifs, escarpins, petits pendants aux oreilles. Quand elle se colle à moi, je sens le mélange de son parfum et de l’odeur de sa peau. Ma fatigue disparait déjà un peu. Son énergie communicative et la fraîcheur de ses mains dans mon cou me filent comme un coup de fouet.

- Alors c’est là que tu bosses ?

- Ouais. Ben tiens, je vais te faire la visite.

- Ca tombe bien, faut que j’aille pisser avec ce putain de froid de Pôle Nord ! On commence par là ?

- La classe, comme toujours…

Elle rit.

Après les sempiternelles photocopieuses et le salon d’attente avec sa table basse, on passe devant la machine à Nespresso et me demande un café. Elle tient la tasse à deux mains pour réchauffer ses menottes menues et graciles, soufflant sur la mousse onctueuse. Le chaud, le froid. Ca lui va bien, ce contraste. Tantôt renfermée, tantôt expansive et enthousiaste. Par moments intello raffinée, par moment plus vulgaire et triviale qu’un camionneur.

On passe devant les archives.

- Ah, les archives… C’est calme, comme endroit, d’habitude, hein ?

- Ben oui, pourquoi ?

- Ben parce que c’est le genre d’endroit où on est isolés, assez insonorisés… et on peut…

Elle m’agrippe le dos d’une main, l’entrejambe de l’autre et se frotte à moi en m’embrassant.

- Attends, hé, on n’est pas seuls !

- Ah oui ? Ahaaaaah… (plus bas, et sur un ton plus sérieux) on n’est vraiment pas seuls ?

- Non je déconne…

- T’es con !

Je l’embrasse de plus belle et commence moi aussi à glisser mes mains un peu partout, sur son cou, sa poitrine, ses hanches. Je sens comme une vague de chaleur, d’ailleurs ses mains sont nettement moins froides, désormais.

On continue la visite, elle veut voir l’antre de la bête. Elle est un peu déçue, mon bureau n’est pas très personnalisé. Pas de photos, d’objets à la con, de papelards qui trainent, de bouquins éparpillés, de traces de grignotage sauvage, de marques de tasses de café…

Elle est un peu plus impressionnée par le bureau du boss, qui lui par contre ne se prive pas pour exhiber son statut social partout et pour marquer clairement son territoire. Les grands fauves, faut que ça ait de l’allure et que ça annonce la couleur direct. Faut que ça en jette.

Et puis on passe à la grande salle de réunion. Chic, bien équipée sans être ostentatoire, sobre sans être impersonnelle, on y reçoit du monde. La grande table blanche qui trône au milieu l’impressionne. Je m’assieds dans un des grands fauteuils à grand dossier, en bout, comme pour présider, et l’attire sur moi. Elle se retrouve assise de biais, jambes sur un bras du fauteuil, dos contre l’autre, son joli cul moulé dans sa robe posé entre mes cuisses. On est pas bien, là ?

Cette fois je deviens plus entreprenant. Je glisse mes mains sous ses vêtements en l’embrassant à pleine bouche. Et là, une sorte de machine se met en mode automatique. J’ai envie d’elle. Ici. Maintenant. Je sens comme les rouages qui cliquètent dans ma tête. En remontant mes mains le long de ses jambes, je confirme que ce sont bien des bas et non pas des collants. Je sens le satin de sa culotte. Elle ne me repousse pas, son souffle se fait plus court. Je m’enivre d’elle. Putain, c’est bon. Putain, je la veux…

Je sors mes mains pour lui retirer sa ceinture pendant qu’elle commence à déboutonner ma chemise pour me caresser le torse. Je la soulève, la dépose sur la table et l’embrasse dans le cou tout en descendant la fermeture de sa robe. Je me baisse pour faire glisser tout ce tissu inutile jusqu’à ses pieds tout en lui léchant la peau par-ci, déposant un baiser sur un grain de beauté par-là. Je remonte en empoignant ses fesses, ses reins, ses aisselles. En cours de route, l’agrafe de son soutien-gorge a capitulé devant cette blitzkrieg sensuelle.

Elle est quasiment nue, droite, et me fixe la bouche à demi ouverte, les mains en arrière sur la table comme pour s’obliger au calme. Mais ça ne dure pas. Elle finit de m’ôter la chemise, marque un temps d’arrêt, puis me repousse dans le fauteuil et se jette à genoux comme pour me supplier. Frénétiquement, ses doigts farfouillent pour ouvrir mes boutons de braguette. Je sens ses mains attraper triomphalement mon érection naissante pour l’apporter à l’air libre. Elle lève les yeux vers moi, sourit, et enfourne mon sexe dans sa bouche lentement.

Je me laisse faire, époustouflé, comme soufflé par la sensation chaude et humide. Son jeu de langue et de succions m’excitent complètement. Je suis agrippé aux accoudoirs comme un touriste dans un super 8 en pleine grande descente. Elle a toujours su jouer de sa bouche. Ses mains, libres maintenant, ont ouvert ma ceinture et commencé à retirer mon jean.

Je lui attrape le menton et la remonte vers moi pour l’embrasser. Je la repousse un peu pour me redresser, lui pose une fesse sur la grande table immaculée, écarte sa culotte sur un côté comme on écarte un rideau, et m’approche pour entrer en elle. Mouillée, elle semblait n’attendre que ça. Je la pénètre lentement contre la table pendant qu’elle étouffe un cri. Doucement, puis plus sauvagement, je la prends sur cette table. Elle s’abandonne. Se couche entièrement. Se caresse les seins. Ondule des reins. Se mord un doigt.

Je m’enhardis et monte sur la table aussi. C’est pas confortable, ça glisse. Mais on baise avec une fureur crescendo incroyable. Elle accompagne mes mouvements, m’agrippe le dos et remonte jambes à mes épaules pour que j’entre bien en elle. Moi dessus, elle sur le dos, on progresse sur la grande table. Je sens les contractions de son vagin qui semble me dire de presser le mouvement et je vois ses yeux se plisser de plaisir.

Arrivés au bout de la table, sa tête pend dans le vide, mais elle a attrapé un pied pour se tenir. Sentant que j’allais jouir en elle, je me suis collé à sa peau en poussant un râle mettant le point d’orgue à cette chevauchée. Enfin, cette rampée sur le dos.

On reste un moment comme ça. Imbriqués. Collés. Trempes. Les tremblements ont cessé. Les miens, en tout cas. Elle s’est mise plus à l’aise, est revenue sur la table pour me serrer contre elle. Elle dépose un bisou rapide dans mon cou. Après un moment indéterminé, je me suis un peu écarté. Je suis descendu de la table. J’ai le pantalon et le boxer aux chevilles, avec les chaussures. Un peu ridicule. Elle a ses bas et sa culotte, et un seul escarpin encore en place. Elle est un peu ailleurs, ou un peu prostrée, je n’arrive pas à savoir.

- Ca va ?

- Han han…

On a fini par se rhabiller et on est allés chercher du papier essuie-mains pour effectuer un semblant de nettoyage sur la table. On s’est refait deux cafés. Et on a fumé une clope à la fenêtre de la salle de réunion. J’ai quand même pensé à mettre l’alarme en partant. Évidemment, on est arrivés à la bourre pour le dîner. Pas complètement débraillés, mais un peu chiffonnés et les tifs pas totalement domptés.

Le lendemain matin, j’arrive au bureau, j’allume l’ordi. Le boss arrive comme une tornade. Il a pas l’air furax, il a plutôt la pêche des jours où tout va bien.

- Bon, j’ai besoin de vous voir tous en salle de réunion dans 5 minutes, faut que je vous fasse un topo sur la nouvelle orga.

On a fait gaffe la veille au soir, j’espère qu’il n’y a pas un vieux ou des traces suspectes… J’arrive le premier. Non, ça va. Les sièges se remplissent. Le boss s’installe sur la chaise où j’étais hier soir. La réunion commence. A quelques heures d’écart, c’est le même lieu, mais pas du tout le même contexte… Au bout de quelques phrases, il hausse le ton alors que j’ai les yeux dans le vague.

- Alexandre, vous avez l’air bien songeur, ce matin, à quoi vous pensez ?

- Oh, à rien… (je ne peux réprimer un très léger sourire)

- Il doit être amoureux, alors. Bon, donc je disais…

Les réunions n’ont plus du tout eu le même goût, dans cette salle.

Proposer la bagatelle

Posted 19 sept 2011 — by Alexandre Silenus
Category Tranche de vit

Pour faire des propositions indécentes, chacun sa méthode. Ou ses méthodes, faut varier. Improviser. Aujourd’hui, on a en plus un tas de moyens marrants pour faire l’original. De l’objet personnalisé au poke Facebook qu’il faut interpréter comme une œillade appuyée, y’en a pour tous les goûts. Mais on peut toujours se faire surprendre par des trucs… bizarres.

Un soir, j’ai été invité par une cousine à une émission de variété en public. Son mec était un chanteur un peu connu, on a eu de bonnes places. Et surtout, après le bousin, qui était quand même pas mal chiant, direction les coulisses parce qu’on connaît du monde. Sans courir les pince-fesses, ça peut être marrant. Ça fait bizarre de retrouver le rocker, le boy’s band, le vieux décrépi qui tente un énième come-back, les danseuses russes avec le ténor qui va bien, le tout mélangé et sous un éclairage sans paillette. Tout le monde s’auto-congratule, se passe de la pommade, c’est trop génial. Bon, boire. Hop, un sourire, un petit mot sympa et je me fous le serveur dans la poche alors que tout le monde le prend pour de la merde.

Et puis allons-y, et que tout le monde se présente et va se serrer la paluche ou se claquer la bise, sur fond de ma chériiiiie t’as pas changé ! et autres ah oui c’est sûr vous avez complètement renouvelé le genre. Youpi. Et là, en cherchant le mec de ma cousine, on voit qu’il est en grande discussion avec un patron de télé, le présentateur, un ancien ministre, une meute de pique-assiettes et de poseurs. On va pour le féliciter, et je sais pas comment mais il y a eu un gros quiproquo sur la raison de ma présence. Un quiproquo maousse, même. Un truc flou, mais qui en jette potentiellement si on regarde pas dans le bon sens. En gros, on m’a pris pour une huile. Genre première pression à froid. Tapis rouge ! Et allons-y pour les grands sourires, les courbettes, les poseurs qui se disent que c’est le moment de sortir leur plus beau numéro de faux-cul histoire de grappiller quelques subventions ou un appui.

Déprimant. Je retourne voir le serveur, je lui explique que côté liquides, il va falloir qu’il m’approvisionne en doses de docker. Il sourit. Il en a vu d’autres, le bougre. Je trouve des gens un peu moins cons et un peu moins collants. La soirée avance, les verres se vident mais par la grâce d’un petit chauve aux gants blancs ça ne dure jamais, on fait tomber la veste et on la met sur le porte-manteau. On finit par se marrer avec des gens assez sympa qui naturellement trouvent toujours le moyen de se retrouver dans un coin un peu à l’écart dans ce genre de circonstances. Le vieux décrépi est plus rock n’ roll que les jeunes à guitare, sans leurs costumes les danseuses russes sont bien plus belles, les pique-assiettes sont partis dès qu’il n’y a plus rien eu à becqueter.

Vient l’heure de rentrer. Trouver un taxi, c’est coton à cette heure-ci. Autant appeler. Où est mon portable ? Merde, ma veste ! Ah, ça va, j’ai du pot, pas de voleurs ce soir. Je fouille la poche intérieure. Tiens, c’est quoi, ça ? Ça, c’est un mouchoir en tissu, brodé. Deux lettres. H et П. Le prénom, sans doute Natalia, et un nom qui commence par un P. Un objet comme ça, ça veut dire retrouve-moi. Ça veut dire aussi : je t’ai repéré, je sais qui tu es et j’ai pris le temps de regarder où tu as posé tes affaires.

Rouge, bleu, blanc, pas de doute, c’est une des russes. Et y’a sans doute qu’elles qui jouent encore à ce genre de jeux. Et Madame de Fontenay, peut-être. Dommage, elles sont toutes rentrées, le ténor aussi, et à cette heure-ci il ne reste plus personne pour me dire laquelle c’était précisément : la jolie brune (oh oui !), ou la blonde filasse avec un nez horrible (oh non !), ou une autre qui n’a pas vraiment retenu mon attention ? Où elles logent à Paris ? Je n’ai pas pu le découvrir non plus. Tant pis. C’est un truc un peu vieillot, mais c’est quand même plus chic que le 06 gribouillé au crayon à paupière sur une serviette en papier glissée dans la poche.

Y’a d’autres façon plus  directes et marrantes. Taguer un message dans la cage d’escalier, ou sur sa boîte aux lettres. Les petites annonces de Libé. Ou laisser la proposition clairement en évidence sur un pare-brise arrière sale. Comme ça :

On voit donc le message de l’extérieur, mais aussi de l’intérieur par un jeu de double retournement. Hé oui, dans l’habitacle le texte est normalement à l’envers, mais bien visible et à l’endroit dans le rétroviseur.

Ça rappelle un peu ces tableaux des soirées étudiantes ou A34 offre un verre à B12 et ou C22 et C24 se laissent des mots cochons. A, B et C désignent les célibataires, en couples ou open, et chacun porte son badge tout en essayant de savoir si c’est vraiment B03 qui nous laisse des messages ou si c’est ces deux margoulins de A09 et A15.

Là aussi, ça veut dire : je sais que c’est ta bagnole, je t’ai vu y rentrer. Maintenant faut me chercher. Ou deviner qui je peux bien être. Ou trouver un moyen de me répondre.

Est-ce que tu viens pour les vacances ?

Posted 30 août 2011 — by Alexandre Silenus
Category Ouais, mec, Ras le cul

La plage. Sea, sex, and sun. C’est un endroit bizarre. Les gens y portent des tenues qu’ils ne pourraient raisonnablement pas porter ailleurs. Ils font des trucs bizarres.

Et là, sous les yeux ébahis du vacancier fraîchement débarqué, les yeux hagards et les articulations pas bien fraîches, s’étalent des kilomètres de chair de toutes les couleurs, des tonnes de jambes, ventres, dos, seins, fesses… Tous ces mois frustrés à lire des conneries pour être en forme et profiter à fond, peaufiner ses plans drague, sculpter son corps (enfin, raboter, surtout), préparer ses bagages et sa garde-robe… Enfin !

Tout le monde se mate, à l’abri de lunettes de soleil, casquettes ou autres grands chapeaux. Les copines se passent de la crème dans le dos en gloussant, et ça excite quelques gros porcs libidineux et quelques pubères qui s’imaginent toujours le plan à trois voire plus, mais surtout avec plein de filles pas farouches et à l’aise avec leur corps. Il y en a toujours une qui fait semblant de lire un gros pavé, histoire de se donner l’air intelligente, genre « je meuble ce temps mort et me nourris l’esprit tout en gobant des UV à plein tube ». Sur la couverture, le titre est écrit en caractères énormes dorés ou argentés.

Il y a toujours une bande de machos m’as-tu vu pour faire saillir les muscles en rentrant le ventre, jouer au bitch-volley (hurler et faire des actions spectaculaires pour attirer l’attention de la volaille alentours peu regardante et bien gaulée pour s’assurer une nuit aussi mouvementée que fade), faire des compliments lourds et déjà ringards à l’époque d’Aldo Maccione, ou recevoir un coup de fil super important d’un pote qui a un yacht dans la baie ou qui appelle depuis un super spot en Australie et lui répondre à environ 95 décibels.

Un Prix Nobel de coup de soleil se lève pour aller chercher à boire et on comprend à la marque blanche qu’a laissée la bretelle du maillot que pour elle la nuit va être chaude, crémeuse, et le lendemain matin douloureux. La peau trop claire, ça pardonne pas…

Il y a les couples qui se font des mamours tout plein, se sentant obligés de vivre une répétition de la lune de miel en public. Il y a les familles avec la mère qui a fait beaucoup d’efforts pour exhiber fièrement ses formes retrouvées, et le père partagé entre la surveillance de sa progéniture chahuteuse et le regard jaloux sur celle qui est désormais épouse et mère.

Le soir, tout le monde se resape et part dîner dans des bons petits restaus sympas ou des attrapes-couillons où on débite une tambouille trop grasse, trop sucrée, trop salée. Après, les plus jeunes iront siffler des verres mal dosés et hors de prix avant de se trémousser sur des tubes qui ont entre 5 et 30 ans, vomir sur les plages, se peloter et se rouler des galoches sur une banquette, et faire semblant de s’éclater au pieu pour les plus entreprenants.

Les jeunes touristes étrangères célibataires ou pas très fidèles viennent dragouiller de l’autochtone histoire de satisfaire quelques pulsions trop longtemps contenues et de se faire quelques souvenirs, récoltant qui des ecchymoses, qui du sable mal placé, qui un herpès qu’il faudra bien expliquer au retour. Les techniques d’approche sont catastrophiques, parce que la plupart du temps, on n’a rien à se dire. Rien de très intéressant. Il vaut mieux rester épidermique. Quand elles baiseront, elles n’auront que des orgasmes de surface.

Je me demande comment certain(e)s font pour cette phase d’approche. Sortir une banalité (est-ce que tu viens pour les vacances ?), rendre service (je connais un super raccourci pour aller faire cette visite), offrir un verre, plonger son regard dans le décolleté de l’interlocutrice, faire des allusions à peine voilées au fait que l’autre est sexuellement attirant. La plage est à la rencontre ce que le supermarché est à la gastronomie : bien présenté mais glauque, faux, en libre-service, et décevant quand on rentre.

Ouais. Bon.

Je crois que j’aime pas trop la plage bondée et pleine de saloperies en plastique. Trop de banalité, trop d’hypocrisie, trop de connerie, trop de vulgarité, trop d’artifices.

D’ailleurs, c’est la rentrée.

Ouf.

Le sexe est une monnaie

Posted 26 juil 2011 — by Alexandre Silenus
Category Ouais, mec, Science friction

Monnaie d’échange. Échange de bons procédés. Chèque emploi-service. Prestation sociale pour les handicapés qui ont aussi droit à une vie affective et sexuelle. Paiement en liquide, si on n’est pas raide, à sec. Excitation des bourses. Palper du flouze. Actifs vérolés. Faire un retrait rapide. Chercher les raideurs. Panique sur les bourses ! Faire la fine bouche devant les indicateurs redressés. Donner un coup de fouet à son épargne. Un transfert qui capote, c’est pas de cul…

Faisons sauter la banque !

Love song

Posted 12 juil 2011 — by Alexandre Silenus
Category Ouais, mec, Tranche de vit

Dans la série des trucs qui ravivent ou pourrissent la mémoire, la musique est quand même un putain de classique.

Il y a les slows de notre adolescence. A l’heure des boums et des premiers émois hormonés, on cherchait celle qui laissait bien du temps pour profiter de l’autre avec ses mains et pour lui rouler la galoche du siècle. A la fraîche. Ouais, mets November Rain des Guns, elle fait 9 minutes, mec ! C’était d’ailleurs le gros avantage des rockers sur les rappeurs : les vraies bonnes chansons pour pécho. Tout en jouant à fond la carte de la rebellitude. C’est marrant, ça, d’ailleurs, les slows ont disparu.

Il y a des couples qui ont leur chanson fétiche. Celle qu’ils passent à chaque anniversaire de mariage. Ils se sont connus dessus, ou ils ont fait l’ainé dessus, ou ils l’ont écoutée en boucle en partant en vacances. Évidemment, dans le lot, y’a des titres qui ont parfois super mal vieilli. Je me souviens du mariage (tardif) de la mère d’une amie. Le gâteau a déboulé sur la musique de Champs Elysées, et les mariés de fraîche date ont commencé la première danse là-dessus. Bizarrement, et même si ça date de quelques années, je n’arrive toujours pas à me figurer à quoi ressemblait la nuit de noces après cet attentat sonore…

Il y a les chansons qu’on s’échange. Les spéciales dédicaces. Les cassettes audio, les disquettes MIDI (ouais, je sais, ça c’est quand même du lourd), les CDs gravés de compilations dédiées (le fin du fin : faire la jaquette, j’avais même fait tout une série thématique), les clés USB bourrées à craquées, les liens vers des clips Youtube balancés en chat Facebook… Les goûts musicaux sont un excellent moyen d’entrer en contact, ou de faire le tri. Ah ben t’aimes ça ? Non, c’est pas possible pour moi, là… MySpace l’avait bien compris. Spotifuck aussi.

Il y a les playlists que tu prépares pour les moments torrides, pour accompagner les mouvements des corps. Pour faire monter la sauce, ou pour créer un mood. La pornophonie, c’est l’art de la chanson suggestive, côté titre, côté paroles, ou côté son. Je me souviens avoir fait des chats entiers composés uniquement de titres évocateurs avec une pornophone, on faisait de la surenchère pour déclarer notre désir et susciter celui de l’autre, à base de Sex machine et autres All night long.

Y’a les chansons que tu peux plus voir en peinture. Parce que c’est lié à une rupture, à un moment pas très sympa comme tomber sur ta nana avec un autre ou la chanson que tu écoutais quand t’as appris son décès. Ou alors tu la détestes parce que c’est lié à un souvenir particulier heureux (un voyage, une soirée, un CD reçu en cadeau…) mais avec une personne que tu ne peux plus voir. Certaines chansons, comme ça, sont pour nous complètement associées à une personne. J’en ai quelques-unes comme ça en stock. Comme tout le monde. Tomber dessus, ça pique les oreilles et ça fait mal au ventre. Comme une envie de vomir. Comme de la bile qui imprègne tes cellules. Pauvres artistes, s’ils savaient comme parfois on les hait…

Là où c’est chiant, c’est quand la chanson est un super classique qui passe très souvent à la radio ou en boîte. Ça te rappelle à chaque fois des trucs douloureux. Idéalement, à un moment où tu ne t’y attends pas, comme un anniversaire (et même si possible, le tien) ou dans un restau à la Saint-Valentin (va expliquer à l’actuelle que c’est une vieille histoire qui d’un coup te fait tirer la gueule), une fête chez des potes alors que tu en pleine conversation avec ce que tu espères être la conquête du soir, ou en séminaire de boulot avec tes collègues qui croient que t’aimes pas les animations débiles qu’ils ont inventées.

Une chanson a eu pour moi un rôle particulier. C’est pas du tout ma chanson fétiche, même pas une chanson que j’aime bien, mais elle a été omniprésente dans un épisode perso. Un jour, je descends au bistro d’en bas, j’attrape un journal, je m’accoude au zinc, et sans regardé, je dis “Bonjour, tu me fais un expresso bien serré ?“. J’entends un “Bien sûr !” mais… c’est pas la voix du taulier, c’est une voix féminine. Je lève les yeux. Oh putain. Oh putain ! Oh putain, je veux dire, quoi, merde ! Un grand ange blond tient lieu de nouvelle barmaid, et cette sorte de naïade gaulée de la mort me tourne presque le dos. Sacrée chute de reins. Fiou, les jambes. Elle se retourne et me tend mon café en souriant. Oh bordel. Oh Bordel ! Oh bordel, je veux dire, quoi, merde ! Sourire ravageur avec lèvres généreuses, deux trous donnant droit sur l’azur, une gravure de mode.

Elle me fixe bien dans les yeux. Vertige. Nous sommes soudain seuls au monde. Le temps suspend son vol, les secondes durent des heures, je vois chaque pore de son visage. Tout ce qui n’est pas elle est dans le brouillard, même mon voisin de comptoir à qui je mets régulièrement la branlée aux fléchettes. J’ai le palpitant qui s’emballe. Une bouffée de chaleur monte de bas en haut. Quand elle atteint la nuque, j’ai une explosion de bien-être qui commence à sillonner chaque veine. Les usines à dopamine out dû ouvrir une nouvelle ligne de production, là.

Et je sais exactement ce qui se passe. Je l’ai déjà vécu. J’ai un coup de foudre. Et je suis tétanisé. Une seule chose venant de l’extérieur est perceptible. C’est une chanson, car la radio est allumée, mais pas trop fort. Malgré les bruits de verres, les rires, les conversations, les chaises, je n’entends que ça, comme si j’avais un filtre naturel dans les oreilles. Je ne le sais pas encore, mais ce sera un des tubes de l’été.

J’ai rapidement invité la nouvelle barmaid à dîner, elle a accepté, et on a vécu une chouette histoire passionnelle. Mais c’est la chanson qui est intéressante. Elle a joué le rôle de toile de fond. Je ne sais pas comment, mais à chaque fois que j’entrais dans le bar, c’est cette chanson qui passait. Celle-là, et pas une autre. Des fois, y’a des clients qui m’avaient pas vu mais qui connaissaient la jolie idylle qui se mettaient à regarder la porte, s’attendant à me voir arriver. En boîte, on est tombés dessus. En bagnole, elle passait à la radio. C’était complètement obsédant.

La chanson a mal vieilli, elle a un côté complètement ridicule aujourd’hui. Elle, elle s’est mariée. Pour la naissance de la petite, j’ai envoyé un petit quelque chose. Et puis dans l’enveloppe, j’ai glissé un petit truc pas bien épais. Un vieux single.