Archive for juillet, 2011

Le sexe est une monnaie

Posted 26 juil 2011 — by Alexandre Silenus
Category Ouais, mec

Monnaie d’échange. Échange de bons procédés. Chèque emploi-service. Prestation sociale pour les handicapés qui ont aussi droit à une vie affective et sexuelle. Paiement en liquide, si on n’est pas raide, à sec. Excitation des bourses. Palper du flouze. Actifs vérolés. Faire un retrait rapide. Chercher les raideurs. Panique sur les bourses ! Faire la fine bouche devant les indicateurs redressés. Donner un coup de fouet à son épargne. Un transfert qui capote, c’est pas de cul…

Faisons sauter la banque !

Love song

Posted 12 juil 2011 — by Alexandre Silenus
Category Ouais, mec, Tranche de vit

Dans la série des trucs qui ravivent ou pourrissent la mémoire, la musique est quand même un putain de classique.

Il y a les slows de notre adolescence. A l’heure des boums et des premiers émois hormonés, on cherchait celle qui laissait bien du temps pour profiter de l’autre avec ses mains et pour lui rouler la galoche du siècle. A la fraîche. Ouais, mets November Rain des Guns, elle fait 9 minutes, mec ! C’était d’ailleurs le gros avantage des rockers sur les rappeurs : les vraies bonnes chansons pour pécho. Tout en jouant à fond la carte de la rebellitude. C’est marrant, ça, d’ailleurs, les slows ont disparu.

Il y a des couples qui ont leur chanson fétiche. Celle qu’ils passent à chaque anniversaire de mariage. Ils se sont connus dessus, ou ils ont fait l’ainé dessus, ou ils l’ont écoutée en boucle en partant en vacances. Évidemment, dans le lot, y’a des titres qui ont parfois super mal vieilli. Je me souviens du mariage (tardif) de la mère d’une amie. Le gâteau a déboulé sur la musique de Champs Elysées, et les mariés de fraîche date ont commencé la première danse là-dessus. Bizarrement, et même si ça date de quelques années, je n’arrive toujours pas à me figurer à quoi ressemblait la nuit de noces après cet attentat sonore…

Il y a les chansons qu’on s’échange. Les spéciales dédicaces. Les cassettes audio, les disquettes MIDI (ouais, je sais, ça c’est quand même du lourd), les CDs gravés de compilations dédiées (le fin du fin : faire la jaquette, j’avais même fait tout une série thématique), les clés USB bourrées à craquées, les liens vers des clips Youtube balancés en chat Facebook… Les goûts musicaux sont un excellent moyen d’entrer en contact, ou de faire le tri. Ah ben t’aimes ça ? Non, c’est pas possible pour moi, là… MySpace l’avait bien compris. Spotifuck aussi.

Il y a les playlists que tu prépares pour les moments torrides, pour accompagner les mouvements des corps. Pour faire monter la sauce, ou pour créer un mood. La pornophonie, c’est l’art de la chanson suggestive, côté titre, côté paroles, ou côté son. Je me souviens avoir fait des chats entiers composés uniquement de titres évocateurs avec une pornophone, on faisait de la surenchère pour déclarer notre désir et susciter celui de l’autre, à base de Sex machine et autres All night long.

Y’a les chansons que tu peux plus voir en peinture. Parce que c’est lié à une rupture, à un moment pas très sympa comme tomber sur ta nana avec un autre ou la chanson que tu écoutais quand t’as appris son décès. Ou alors tu la détestes parce que c’est lié à un souvenir particulier heureux (un voyage, une soirée, un CD reçu en cadeau…) mais avec une personne que tu ne peux plus voir. Certaines chansons, comme ça, sont pour nous complètement associées à une personne. J’en ai quelques-unes comme ça en stock. Comme tout le monde. Tomber dessus, ça pique les oreilles et ça fait mal au ventre. Comme une envie de vomir. Comme de la bile qui imprègne tes cellules. Pauvres artistes, s’ils savaient comme parfois on les hait…

Là où c’est chiant, c’est quand la chanson est un super classique qui passe très souvent à la radio ou en boîte. Ça te rappelle à chaque fois des trucs douloureux. Idéalement, à un moment où tu ne t’y attends pas, comme un anniversaire (et même si possible, le tien) ou dans un restau à la Saint-Valentin (va expliquer à l’actuelle que c’est une vieille histoire qui d’un coup te fait tirer la gueule), une fête chez des potes alors que tu en pleine conversation avec ce que tu espères être la conquête du soir, ou en séminaire de boulot avec tes collègues qui croient que t’aimes pas les animations débiles qu’ils ont inventées.

Une chanson a eu pour moi un rôle particulier. C’est pas du tout ma chanson fétiche, même pas une chanson que j’aime bien, mais elle a été omniprésente dans un épisode perso. Un jour, je descends au bistro d’en bas, j’attrape un journal, je m’accoude au zinc, et sans regardé, je dis “Bonjour, tu me fais un expresso bien serré ?“. J’entends un “Bien sûr !” mais… c’est pas la voix du taulier, c’est une voix féminine. Je lève les yeux. Oh putain. Oh putain ! Oh putain, je veux dire, quoi, merde ! Un grand ange blond tient lieu de nouvelle barmaid, et cette sorte de naïade gaulée de la mort me tourne presque le dos. Sacrée chute de reins. Fiou, les jambes. Elle se retourne et me tend mon café en souriant. Oh bordel. Oh Bordel ! Oh bordel, je veux dire, quoi, merde ! Sourire ravageur avec lèvres généreuses, deux trous donnant droit sur l’azur, une gravure de mode.

Elle me fixe bien dans les yeux. Vertige. Nous sommes soudain seuls au monde. Le temps suspend son vol, les secondes durent des heures, je vois chaque pore de son visage. Tout ce qui n’est pas elle est dans le brouillard, même mon voisin de comptoir à qui je mets régulièrement la branlée aux fléchettes. J’ai le palpitant qui s’emballe. Une bouffée de chaleur monte de bas en haut. Quand elle atteint la nuque, j’ai une explosion de bien-être qui commence à sillonner chaque veine. Les usines à dopamine out dû ouvrir une nouvelle ligne de production, là.

Et je sais exactement ce qui se passe. Je l’ai déjà vécu. J’ai un coup de foudre. Et je suis tétanisé. Une seule chose venant de l’extérieur est perceptible. C’est une chanson, car la radio est allumée, mais pas trop fort. Malgré les bruits de verres, les rires, les conversations, les chaises, je n’entends que ça, comme si j’avais un filtre naturel dans les oreilles. Je ne le sais pas encore, mais ce sera un des tubes de l’été.

J’ai rapidement invité la nouvelle barmaid à dîner, elle a accepté, et on a vécu une chouette histoire passionnelle. Mais c’est la chanson qui est intéressante. Elle a joué le rôle de toile de fond. Je ne sais pas comment, mais à chaque fois que j’entrais dans le bar, c’est cette chanson qui passait. Celle-là, et pas une autre. Des fois, y’a des clients qui m’avaient pas vu mais qui connaissaient la jolie idylle qui se mettaient à regarder la porte, s’attendant à me voir arriver. En boîte, on est tombés dessus. En bagnole, elle passait à la radio. C’était complètement obsédant.

La chanson a mal vieilli, elle a un côté complètement ridicule aujourd’hui. Elle, elle s’est mariée. Pour la naissance de la petite, j’ai envoyé un petit quelque chose. Et puis dans l’enveloppe, j’ai glissé un petit truc pas bien épais. Un vieux single.

Des chiffres et des lettres

Posted 03 juil 2011 — by Alexandre Silenus
Category Les coulisses de l'exploit

Vous êtes plus de 37 000 à être venus ici. Et y’en a qui reviennent, parce qu’en tout ça fait plus de 90 000 visites.

Vous passez du temps à lire, d’ailleurs  : un peu plus de trois minutes en moyenne.

Vous avez déposé plus de 500 commentaires. C’est gentil. C’est beaucoup.

Y’a eu des belges qui sont venus en masse depuis 7 sur 7. A l’heure où on parle beaucoup de DSK et d’Anne aux seins clairs, ça fait plaisir.

Y’en a quelques une qui m’envoient pas mal de monde. Les championnes en question, c’est La Peste , Le Monolecte, Lola, et Sarah. Merci les filles !

Là où c’est marrant, c’est que les réseaux sociaux ça marche aussi, et pas qu’un peu. Facebook (y’en a peut-être qui ont vu le joli bouton Fuck en haut à droite) ça fait 2500 visites, et Twitter ça en fait 1500.  De toute façon, les réseaux sociaux commencent à dépasser la pornographie.  Ce qu’on nous dit pas, c’est si on se sert des réseaux comme autre forme de pornographie (image, vidéo) ou comme moyen de pécho en vrai.

Depuis peu, vous arrivez grâce à la lecture de Glamour. Y’a peut-être des petites malines qui auront été lire le petit book et qui auront fait le rapprochement entre deux histoires et le mec à tête de cochon.

Vous cherchez souvent queue du bonheur, plan cul régulier, gros minou (mais sans titi), sucez ceci est mon corps (drôle de slogan quand même, non ?), brouette berrichonne, à vous d’inventer la vie qui va avec, se mordre la lèvre, et même… Fukushima. Ça a dû leur faire drôle, de tomber ici, à ceux-là…

Y’en a qui m’ont envoyé des gentils mails d’encouragements. Ça fait plaisir.

J’ai aussi reçu des merdes. Du spam, bien sûr, pis aussi des boulets qui me proposent des supers programmes de la mort qui tchuent à base d’échange de “liens de qualité”. Merci, les gars, mais j’ai rien à vendre, et vous tout à gagner. Alors les programmes win-win, vous pouvez vous les tailler et explorer votre Moi profond. Avec un peu de chance ça vous fera du bien.

J’ai envie de refaire un billet un peu futuriste dans le style de celui-là. Parce que la science fiction n’a pas beaucoup exploré la sexualité. Pas assez.

J’ai envie de changer d’avatar, aussi. Je cherche. J’ai trouvé des trucs pas mal, mais je suis pas décidé.

Ici, au départ, j’écris pour moi, mais là ça me dépasse un peu. Complètement, même. Alors je voulais vous dire : merci.