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Lolo Deux Chevaux

Posted 05 sept 2010 — by Alexandre Silenus
Category Ras le cul

Il y a un truc que je n’ai jamais pigé, c’est l’obsession des nanas pour leurs nénés. A les écouter, ce serait une obsession miroir, un truc plus ou moins contraint. Les filles en veulent des gros parce qu’il paraît que les mecs aiment ça. (Il paraît). Elles veulent avoir un truc à mettre dans le décolleté parce que la platitude ça ne fait pas sexy. Ouais, et ben demande à Françoise Hardy ou Jane Birkin si des minis nibards les ont empêchées d’être des sex symbols et des fantasmes très féminins de leur époque…

Tous les mecs ont connu cet étrange moment où leur copine, plongée avec envie et un filet de bave aux bords des lèvres dans la poitrine d’une passante, balance la fameuse phrase qui sort de nulle part : « Ah mais quel décolleté ! ».

Eh, oh, deux secondes, on s’explique. Non, tous les mecs n’aiment pas les lolos énormes, nous ne faisons pas tous une fixette sur les laitières normandes, et je n’ai personnellement aucun problème avec la nourriture ou la petite enfance, merci maman. Que vient faire ma génitrice dans cette affaire ? Je préfère la mentionner de mon propre chef avant qu’une pseudo intello qui a passé son doctorat de psychanalyse dans Elle ne s’en charge, ça permet d’évacuer les considérations à la con. Pour en revenir à nos nichons, oui tout le monde a sa chance, et même si tu en as des petits, à mes yeux tu en auras même davantage. Alors, elle est pas belle, la vie ?

Je n’ai pas envie que tu aies des soucis de centre de gravité quand on joue à la Wii Fit (que ceux qui lisent Nintendo Player expliquent à celles qui lisent Biba, on gagnera du temps) ou des douleurs dorsales en raison du poids que tu portes ou des talons que tu mets. Et ce n’est pas qu’une vue de l’esprit. La scoliose du bonnet D et plus si affinités, ça peut commencer très tôt.

Je n’ai pas envie, si tu dois courir pour une raison quelconque, d’assister à un spectacle navrant qui te ridiculise en public en plus d’être physiquement pénible pour toi.

Je n’ai pas envie d’assister au triste travail de la gravité dans quelques années. Surtout si tu as fait des petits entre-temps. Oui je sais c’est dégueulasse. La vie martyrise le corps des femmes, c’est pas juste. Il va falloir t’y faire et puis c’est tout.

Je n’ai pas envie de manger des nichons ou de m’en servir pour caler une armoire, donc la quantité en volume n’est pas un avantage. Si je regarde parfois avec envie dans un décolleté bien plein et bien ramassé (ça va peut-être te surprendre), c’est parce qu’en fait ça me fait surtout penser à une raie, donc ce ne sont pas les seins en soi qui m’excitent. Et si tu mets un collier avec ton décolleté, tu sais bien que ça dirige l’attention de l’œil, ne fais pas la naïve. Mais de toute façon, ta barbaque m’intéresse peu, c’est seulement ce quelle évoque qui peut me titiller la machine à fantasmes. Et encore, il faut qu’elle ait démarré parce qu’à froid ça risque de ne rien produire.

Dans l’intimité, je n’ai pas envie de toucher une masse de graisse bloblotante qui se barre dans tous les sens. Je n’ai pas envie, quand tu t’allonges et que ma tête se trouve entre tes cuisses pour une raison quelconque, de chercher par où sont partis tes seins : un à droite, un vers le haut, ah perdu il est resté au milieu. Si je peux d’une main te caresser les deux tétons en même temps, du pouce et de l’auriculaire, ça m’en libère une pour faire des tas d’autres choses, je te laisse deviner petite canailloute, oh oui c’est bon je t’en prie continue.

Se faire gonfler la poitrine avec des faux ? Mais quelle horreur ! Quand tu es debout tout va bien pour peu que le chirurgien ait réussi à faire une belle symétrie, mais à l’horizontale personne ne peut rater la différence : les chairs molles s’affaissent, tout à fait normalement, et il reste deux hémisphères lisses et ridiculement fiers de leur facticité. Pour dormir sur le ventre, bonjour. Et au toucher, le silicone, c’est tout simplement pas ça. Du tout.

Rien n’est comparable à deux petits nichons fermes, qui tiennent presque tout seuls. Il y a des robes de soirée ou des chemisiers très élégants dans lesquels une gorge volumineuse gâche tout alors que deux mignons petits seins font des ravages quand ils sont légèrement apparents sur leur tranche interne. La forme, pomme, poire, les tétons qui partent sur les côtés ou bien centrés, c’est bien qu’elle plaise mais à la limite ça passe en second. Petit téton, grosse aréole, ça aussi c’est secondaire, l’important c’est qu’ils réagissent.

J’entends déjà quelques pasionarias hystériques hurler au fond de la salle que c’est de la discrimination contre les gros lolos. Ca n’a rien à voir, on se calme. C’est juste que nous sommes nombreux à préférer Lolo Deux Chevaux à Lolo Ferrari, parce que c’est plus modeste, plus robuste (moins de chances de les voir s’affaisser après les premiers allaitements), et que ça a aussi un charme fou. Alors que le cliché du mâle qui bave devant un pare-choc fourni a encore la vie dure, je veux affirmer haut et fort que le sein n’a pas besoin de tenir dans une grosse paluche et de bien la remplir. Donc arrêtez de nous prendre la tête quand vous maigrissez des seins ou grossissez de partout sauf de là, sachez qu’il y en a qui, mieux qu’indifférents, préfèrent.

J’avais appris des anecdotes sur la naissance de la coupe de champagne et du bol, respectivement moulés sur les seins de La Pompadour et d’une concubine d’un Empereur chinois, mais bon il semble que ce soient des galéjades pour mettre un peu d’érotisme dans nos vaisseliers. C’est couillon, parce que c’était plutôt marrant et original comme histoire, et puis ça faisait un truc de plus à dire pour faire rougir belle-maman coincée quand elle prend son Ricoré le dimanche matin.

Un jour, je raconterai que les hommes aussi ont des seins, et que ce sont aussi des zones innervées (c’est bien fichu, hein ?). Je parlerai peut-être même de piercings mammaires, et puis je raconterai des histoires de couleur de peau et en particulier des tétons. Sans oublier ce grand moment de solitude pour un homme, qui joue sans doute à cet instant crucial sa réputation et son avenir : le dégrafage du soutien-gorge. Mais là je peux pas, sinon je vais rater la fin du Jour du Seigneur.