Tu as tenu parole et ce soir, tu es à moi. Toute entière. D’ailleurs tu es prévenue vaguement de ce qui t’attends.
T’es venue, élégante sans être trop apprêtée. Désirable. Je savais à quoi tu ressemblais,et toi aussi tu connaissait ma trombine. C’est un minimum. On avait mis en place la webcam par MSN pendant nos discussions. Je suis descendu te chercher. Dans l’ascenseur, je t’admire sous la lumière blafarde du néon ignoble. T’es un petit format souriant. La plupart des gens te trouvent mignonne, j’en suis sûr. Tu es bien foutue, pas de doute, même si ton nez est un peu disgracieux. Mais franchement, c’est bien plus complexe. Il y a là-dessous une femelle au sens primaire. Tu exhales une forme de sensualité incroyable. T’es une tigresse, ça se voit à tes gestes vifs, précis, économes. Et quand tu me regardes, tu as les yeux qui sentent le cul. Ce sourire énigmatique sur ton visage dit un truc qui se situe entre la trouille et l’excitation.
Après un rapide bonjour je t’embrasse pour te faire taire. Je pose un doigt sur ta bouche et m’approche de ton oreille. Je murmure un long chuuuuut… et tu te mords la lèvre. Ne parle pas. La lumière est assez faible, tu n’es pas habituée. Je te pousse contre la bibliothèque pour parcourir ton corps en t’embrassant à pleine bouche. Je te soulèves pour te poser sur le rebord, ton petit cul a la place de tenir, tu es pile à la bonne hauteur.
Ce corps menu frissonne, très vite. Je te tiens les poignets pour te rappeler que c’est moi qui dirige les opération. Lentement, tes vêtements disparaissent vers le sol, un à un. Tu es nue, silencieuse, excitante et excitée. Je m’étais pas gourré : à poil et sans défense, tu es gaulée comme une déesse. Mince mais pas chétive, une taille fine et de jolies hanches, des épaules élégantes et racées, une poitrine menue à faire bander un régiment d’évêques séniles. Moi, je suis aux anges. Incrédule. Car moi aussi je te fais de l’effet. En tout cas ton minou baveux et tes tétons tendus parlent à ta place. Tes seins réagissent beaucoup, c’est une merveille. D’ailleurs je crois qu’en m’attardant tu aurais un orgasme rien qu’avec tes deux amis délicieux.
La nuit ne fait que commencer.
Je te guide doucement vers ton destin. Sur le lit, des rubans, des menottes, un bâillon, un loup avec les yeux fermés, quelques jouets qui font du bien là où… ça doit faire du bien, et quelques jouets qui font du mal là où ça doit faire du mal. Notamment des pinces à seins, mais les tiens sont tellement délicats et sensibles que j’ai peur de les abimer. Mes chéries, ce soir vous êtes de repos. Je commence par te bander les yeux, tu te laisses faire. Fatalité. Tu t’offres, tu sais ce qui t’attend. C’est d’autant plus surprenant que dans la vie courante c’est plutôt toi qui tiens les manettes.
Je t’allonge et te mire, t’admire. Tu es haletante, déjà. Je prends tes poignets et écarte tes bras en X au-dessus de ta tête. Tu restes docile, résignée. Avec douceur et lenteur, comme un cérémonial, je prends un ruban et attache tes poignets aux pieds du lit, un par un. Tu as la bouche ouverte, tendue. Je t’embrasse et reste en arrière, je quitte mes vêtements. Je plonge là où une tache s’étend déjà sur le drap.
Ma langue et mes doigts t’électrisent, ton orgasme monte très vite, tes bras s’agitent mais son retenus. Ta chatte sent bon, ton ventre est chaud, tes seins sont deux petites collines à l’horizon et je te trouve plus que baisable. Ouais, là dans la pénombre, ouverte, tu es belle. Et je n’ai encore rien vu. Tu as crié un truc profond, violent. Un soulagement. Un accouchement. Une libération.
Faut pas attendre, ni te faire attendre. J’enfile la chaussette en latex de rigueur. Tu entends tout cela, le sachet ouvert, le bruit caractéristique du déroulement, tu sais ce qui se passe sans voir. Tu te mords encore les lèvres alors que je m’approche et rentre en toi, sans cérémonial, en une fois. On dirait un sabre rentrant dans son fourreau, avec précision, régularité, élégance. Comme si mon sabre était fait pour ton fourreau. Le bruit c’est toi qui le figure avec un long soupir de contentement. C’est une acceptation pleine et entière. Tu me veux. C’est un amen.
Je plonge dans ton cou et nous commençons à tanguer des reins. Tu essaies de donner du rythme aussi, mais le tien est trop sec. J’écarte tes cuisses sèchement et reprends ma plongée. Putain, tu sens bon, ta peau est brûlante et je suis bien en toi. Tu voudrais m’attraper le dos mais tu ne peux pas. Tes cris se font plus plaintifs, comme une supplique. Par alternance, c’est des oui, des prends-moi, des encore, des c’est bon. Je viens de m’embarquer pour un rituel sans me figurer ce qui se passera. Sans savoir quelle divinité j’invoque vraiment.
Je m’aventure plus franchement en t’agrippant les seins pour te maintenir. Putain, t’es loin d’être Hulk mais tes petits muscles sont impressionnants de force ! Je sors. Je dois resserrer tes liens et raccourcir les rubans pour te laisser moins de champ, tu m’as agrippé les tifs tout à l’heure alors que je plongeais la tête dans ton cou. Histoire de te faire taire, j’enlève le latex et te présente ma queue sur le bord de tes lèvres pendant l’opération de maintenance. Tu ouvres la bouche immédiatement, avide. Tu es un peu coincée pour bouger mais tu essaies le va-et-vient avec ton cou. Quand je veux ressortir de ta bouche, tu poursuis autant que possible ce gland que tu titillais à la base. Quand tu le perds, tu fais une moue boudeuse. Gourmande…
Fini de rire, cette fois. J’approche un bâillon, passe derrière ta nuque et l’attache. Seuls les corps s’expriment, cette nuit, et là on dirait qu’ils ont des trucs à dire. Ils communient. J’ai très envie, je sens que cette fois ça va être assez violent. Ça ne rate pas. Tes cris sont étouffés, tes gestes sont saccadés. Ce n’est pas fini. Je te retourne et tes bras se croisent, tu as la tête en bas et le cul bien haut. Tu cambres. Tu me l’offres. Je te prends comme ça aussi, profitant du paysage. Mon dieu que tu es belle et désirable, là encore. Quelle sensualité dans ces doigts qui s’étirent vers l’avant, pour mieux faire ressortir ta croupe ! Je rentre en toi profondément, le rythme ne change pas, ton clito est en feu et tu dégoulines de cyprine. Tes cris étouffés et plaintifs continuent. Tu ne luttes plus. Le rituel continue, la prière devient entêtante. Visiblement tu es dans une phase où c’est bon. Tu as joui encore. Je suis agrippé à ton cul et la chevauchée est vraiment fantastique.
D’un pouce j’appuie doucement sur ton petit trou qui me fait de l’œil. Tu me captures presque le doigt ! Message bien reçu, Houston. Je prends ça comme une invitation. On arrête un peu. Je détache tes bras du lit et, l’un après l’autre, les attache à tes chevilles. Tu es un paquet accroupi, la tête repliée en bas. Pour lubrifier, je vais me servir un peu en-dessous. C’est pas ce qui manque, tu mouilles en quantités impressionnantes. Je m’approche doucement, je présente mon gland à l’entrée, le physio semble l’avoir reconnu et lui fait un accueil de VIP. Tu me happes. Là aussi je me glisse d’un trait, profondément. Tu es en train de hurler dans le bâillon tout en poussant ton cul divin vers moi. Ce fourreau-là aussi semble fait pour mon sabre…
Je t’ai pris un peu dans tous les sens après ça, je ne sais pas comment ça se fait mais je pète la forme et pour le moment le fut du canon reste froid. Oh bien sûr je kiffe, je prends du plaisir. Mais il se passe surtout un truc au niveau de ma tête. J’y crois à peine mais j’ai une très jolie amante qui se laisse complètement faire. De temps en temps je fais une pause pour la goûter, sous toutes les coutures. Changement des pneus aussi. Puis je recommence. Elle s’épuise progressivement mais part désormais au quart de tour. Comme si elle avait fait du 6ème ciel son camp de base pour escalader le 7ème plus rapidement.
Au bout d’un moment j’enlève son bâillon pour l’embrasser et songe à libérer ses mains, parce que j’ai envie de la prendre contre la table. Je libère une première main, elle en profite pour chercher mon membre et m’attire dans sa bouche… Je sens que ça va venir et comme c’est pas le trip de tout le monde je commence à reculer mais elle m’agrippe les fesses pour me faire exploser, bien au chaud.
Elle me garde, en caressant mon ventre, mes seins. Je me laisse faire, doucement. Elle avale. J’enlève le loup de ses yeux, délicatement pour ne pas lui arracher les cheveux. Elle rit. Et quel rire ! Le jour où on a breveté le rire communicatif, elle était dans le jury de sélection, pas de doute. J’ai ramené des peignoirs et on est allés boire, fumer une clope et manger des produits laitiers. Ouais. Mes mains ne pouvaient pas quitter son corps, sa gorge, ses cheveux, ses fesses, son dos, ses cuisses. Je la dévorerai bien, toute crue. D’ailleurs je recommence à la dévorer. Je l’attrape par le peignoir, l’amène vers le canapé, l’y plonge. Puis c’est à moi de plonger vers sa chatte délicieuse et son petit trou malicieux.
Après, on s’est câlinés et je suis allé mettre un peu de musique. Faiblement. Je t’ai couché sur moi pour humer tes cheveux et caresser ton ventre. Ton nombril bien creux. Tes petits poils pubiens. Tes cuisses tendres et lisses. Tu es naturellement lascive et c’est perturbant. Tu me regardes en silence. Bordel que tu es belle. Ouais, belle. Fascinante, femelle, sensuelle, pétillante, excitante.
On a remis ça à plusieurs reprise, dans plusieurs endroits. On a baisé comme des furieux sur la table à manger, c’était tendre dans le canapé, c’était marrant dans la salle de bains, tu m’as même fait une pipe sous-marine. On a baisé des heures. Jusqu’au petit jour. J’ai pas compté mais je referai pas ça souvent. Je sais pas où j’ai puisé l’énergie. J’avais une muse sexuelle. Une révélation. Sans histoire de vierges à la con et d’ange, ce qui n’est pas plus mal. On a joui à en prendre presque conscience. La fatigue, les sensations et la brutalité des orgasmes nous ont tué.
Bien sûr, on a fait plusieurs pauses, pour manger, boire, aller aux toilettes. Je t’ai attaché avec les menottes les mains devant, derrière. Je t’ai attaché dans plusieurs positions. Tu es assez souple. Je t’ai toujours attaché avec un cérémonial solennel. Cette nuit on prie en forniquant. Cette nuit tu te livres sans détour parce que j’ai gagné, mais aussi parce que tu as accepté ce qui arriverait.
J’ai cru plusieurs fois que je ne redémarrerai jamais mais tu m’excites tellement, j’ai tellement envie que… c’est en forgeant qu’on devient forgeron. Tu marchais plus droit à la fin. Tu boitais, comme dans l’expression assez moche. Je t’ai même porté jusqu’aux toilettes. Moi j’étais vidé. Au sens figuré comme au sens propre. J’ai quand même été chercher des viennoiseries et du jus d’orange pour aller avec le café. Et puis on a dormi. Comme j’étais réveillé avant toi, je t’ai regardé, en silence. Tu étais roulée en boule, les cheveux noirs éparpillés en corolle. Tes ronflements légers murmuraient que tu avais ton compte et que là, la boutique était fermée et le taulier était parti en vacance dans une île paradisiaque.
Tu avais tout donné, tu t’étais donnée, et tu restais encore dans l’abandon de soi. Les murs du château étaient tombés et il ne restait que le donjon, le cœur de ce que tu as en toi. Et ton désir, pur, égoïste, puissant, jouisseur.
Je t’ai réveillé avec ma langue et mes doigts, profitant de tout ton corps. Tu étais libre. Tu t’es enroulée sur moi. A un moment, sur le côté, tu m’a poussé doucement sur le dos. Je t’ai laissé faire. Tu es venue sur moi. Lentement. Tu m’as fait l’amour. Chaud, charnel, tendre. Tu m’as maintenu les poignets vers le haut, sans fermeté. J’ai tout lâché, tu as compris. Tu m’as eu. Je te laisse tout. Cette fois, je suis à toi.
QueueDuBonheur, par MAP

