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Plan cul régulier : pas parler, juste baiser

Posted 18 oct 2010 — by Alexandre Silenus
Category Tranche de vit

Ça fait déjà quelques mois qu’on se retrouve dans un coin peinard pour faire des galipettes dans la joie et la bonne humeur. Faire péter le cortex à coup d’orgasmes sans se prendre la tête. Alors on a cherché des lieux plus ou moins sympas, plus ou moins publics : un chantier, un ciné, un hôtel, chez des potes. Ouais, aussi.

A l’origine tout était clair. Toi, tu voulais t’évader, quitter un quotidien morne et terne, t’éclater au plumard, aller voir ailleurs. Moi, je voulais oublier un échec sentimental cuisant en oubliant le cœur pour aller chercher du bonheur côté queue. Miracle, dès les premières rencontres, on a vu qu’on était compatibles côté cul. Enfin, mieux que ça, à vrai dire. Bien emboîtés. Raccord. Au diapason. Avec effet d’émulation, en sus. Une stratégie donnant-donnant, gagnant-gagnant. Le pied.

A tel point qu’au bout de quelques jours tu as laissé tomber ton mec du moment parce que c’était moins bien côté corps et que côté tête c’était juste un passe-temps. C’est flatteur pour ma pomme. Mais on avait fixé les limites à l’exercice : tu rentres pas dans ma vie, je rentre pas dans ta vie. On se voit pour se faire du bien, point barre, circulez y’a rien à voir. C’était le contrat de départ. Consommation.

Et puis ça a vite dérapé. Trop vite. C’était un dérapage franchement pas bien contrôlé. Les promesses du début n’ont pas été suivies, et je ne sais pas bien qui a rompu le pacte la première fois. On a commencé à se parler de nos vies, de notre quotidien, de nos envies, de nos petits tracas, de nos petites et grandes joies. On est allé au ciné, au restau. On a prolongé tout ce qui se passait autour de la ceinture. La belle connerie…

Et puis après je t’ai invité à des soirées avec des potes. La rencontre s’est bien passée, ils t’ont plus ou moins adoptée. Y’en a qui me connaissent bien qui sont venus me prendre à part : dis, elle est bien cette meuf, ça pourrait coller entre vous, tu sais. En plus t’en as envie, ça se voit sur toi : ta façon de lui adresser la parole, de la regarder. Tu parles pas qu’à son cul, mon grand, faudrait peut-être que tu t’avoues que c’est plus qu’un plan cul. Et merde. Ta gueule.

Là tu essaies de réfléchir. Si, même si t’es un mec, la tête fonctionne un peu parce qu’un truc te travaille, au fond. Là-dessous, sous les couches matérialistes et cyniques que tu mets en avant pour protéger ton intimité. Ouais, il a raison. Elle me plaît. C’est pas vraiment qu’une histoire de cul. C’est une jolie histoire de cul. Elle m’intéresse au-delà de son corps superbe et bandant. Elle me touche, et pas qu’avec ses doigts. Un truc m’échappe dans cette relation, j’ai mis de l’affect et j’avais pas prévu. Ça s’est fait sans moi, en tout cas c’était pas volontaire. Un truc m’a échappé et j’ai laissé faire par que… Parce que c’était bien. Oh putain, j’ai dit le mot. Relation. Et voilà, maintenant c’est clair. T’es foutu.

Alors ça n’a pas loupé. J’ai craqué. Un soir, elle était étendue sur les draps, dans la pénombre, les entrailles repues et les cheveux en bataille. Je venais de prendre une douche dans cet hôtel Ikéa bancal et plutôt sordide, j’allais partir avec sur ma peau les traces d’elle et le souvenir de ses yeux malicieux. J’allais la laisser finir la nuit là et me barrer. Comme d’habitude. Je la regarde, elle supplie pour que je reste contre elle, au calme. Faut que je parte. Mais avant…

- Écoute, faut que je te dise un truc. Je t’ai menti. Ça m’emmerde profondément mais voilà : je t’ai fait une promesse que je peux pas tenir. On s’était mis d’accord, pas de sentiments, tout ça. Et ben… et ben en fait j’en ai, et c’est la merde, et je voulais pas, et ça me gène, et je sais pas trop quoi rajouter, et t’es belle nue comme ça, et en plus j’ai envie de rester, et même de te reprendre en levrette, mais je sens que je vais dire des conneries à l’eau de rose si je reste alors vaut mieux que je parte. Au fait, je t’ai pris le petit-dej demain matin, c’est servi jusqu’à 10 heures.

J’ai dit ça sans respirer mais en la regardant bien en face, puis j’ai ouvert la porte et je suis parti en glissant dans un reste de souffle un ciao accompagné d’un clin d’œil. Courageux jusqu’au bout, quoi. Elle faisait une moue étrange puis un air étonné pendant ma tirade. La dernière expression que j’ai vue ce soir-là, c’était un regard profondément interrogateur.

J’ai marché dans le froid d’un pas vif pendant 5 minutes. Vibreur. Bon, un SMS, à cette heure, je devine sans mal l’auteur. J’ouvre, j’ouvre pas ? Elle m’envoie chier ? Elle arrête tout ? Elle demande une explication ? Allez, on s’achète des couilles et on ouvre.

Merci pour ta confiance et tes sentiments, qui me font très plaisir. Sans mettre les mots, je t’ai déjà offert les miens. A bientôt. Tu me manques.

Et merde. J’avais pas vu ça. C’est pas le moment. C’est pas ce qu’on voulait. On n’aurait jamais dû parler. On aurait dû juste baiser.

La parole à Captain Brackmard et Simone (Elle est bonne).

3615 Ulla

Posted 26 sept 2010 — by Alexandre Silenus
Category Les coulisses de l'exploit, Sex.net

Le sexe dirige le monde, faut se rendre à l’évidence. Et dès qu’il y a du nouveau, t’as du cul qui suit. C’est comme ça, ça fait partie de notre façon d’être humains. Minitel ? Il a décollé grâce aux messageries roses. Support vidéo ? C’est le porno qui a arbitré les formats et fait gagner VHS et BluRay. Caramail ? C’était la drague à tout va sur les chats, le service de messagerie c’était secondaire.

Timothy Leary, papa du LSD (et parrain de Wynona Rider, ça explique quelques trucs) et fouteur de merde mystique et libidineux, avait tout pigé. Chercheur, il a eu accès aux premiers réseaux dans les années psychédéliques des 70s et il savait que si on démocratisait ce genre d’engins, les jeunes s’en serviraient pour des histoires de fesse et de cyber-drague.

Et ben le cul ça a aussi touché très tôt les réseaux sociaux.

Aux débuts de MySpace, c’était facile d’ajouter de nouveaux amis. Hyper facile, même.Vas savoir pourquoi, c’est l’enthousiasme des débuts qui veut ça, doit y’avoir un concours de celui qui aura la plus grosse (collection d’amis). Ça a été un terrain de drague formidable, dans la période où c’est pas encore à la mode et même pas en français, et c’était pas hyper dur de se rencontrer en vrai.

Faut dire que MySpace c’était très bien foutu dès le début : en un seul endroit t’avais un album photo, un profil pour afficher tes goûts, une page personnalisable (bon, des fois le PimpMyProfile à base de gifs animés ça pique les yeux, c’est vrai), et même l’embryon d’un blog. En plus tu sais même qui est en ligne. Moins faux-cul que Meetic et gratos, franchement y’avait pas photo. Ça a été un peu le cas avec Hi5 et Facebook, y’a même des groupes avec des noms très clairs sur l’objectif. Mais c’est moins bien. Twitter je sais pas trop.

Bon, on va pas se cacher non plus, en ligne y’a aussi des sites plus spécialisés, où tu cherches les gens avec des critères vachement plus directs qui se limitent pas au niveau d’études. Les listes sont un peu ridicules, ça fait genre hypermarché de la baise (alors je coche quoi comme envie ?), mais ça fonctionne. Parfois. Alors comme j’ai fait des rencontres grâce à mon amie la souris, sur les sites classiques ou plus pointus, je raconterai un peu et je crée même une nouvelle catégorie de billets.

La drague en ligne a ses codes, mais surtout le plan cul en ligne a ses codes. Des fois c’est marrant de prendre un peu de recul par rapport au “milieu”. Et puis y’a des trucs qui sont intéressants parce qu’ils débutent en ligne. Sans ça, ce serait chiant, ou on perdrait un truc en route.

Donc 3615 Ulla, aujourd’hui, c’est sex.net.